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Concrètement, c’est quoi la Stratégie nationale pour l’architecture ?

21 octobre 2015 | Par David Abittan

La ministre de la culture Fleur Pellerin a présenté hier sa Stratégie nationale pour l’architecture, une série de mesures en faveur de la discipline. Mais concrètement, ça change quoi ?

Fleur Pellerin - Photo : Mathieu Delmestre (BY-NC-ND-2.0 via flickr.com/partisocialiste)

Fleur Pellerin – Photo : Mathieu Delmestre (BY-NC-ND-2.0 via flickr.com/partisocialiste)

La Stratégie nationale pour l’architecture vient d’être dévoilée hier par la ministre Fleur Pellerin. Cette présentation d’une série de mesures visant à « transformer l’architecture du quotidien et le quotidien des architectes » s’inscrit dans une réflexion menée ces dernières années par le ministère, et qui avait permis la mise en place de groupes de travail chargés de plancher sur la question.

QUELLES MESURES CONCRETES ?

Les trente mesures présentées par à travers six « axes stratégiques » dévoilent, selon Fleur Pellerin « ce que doit être aujourd’hui, et pour les années à venir, une politique en faveur de l’architecture ». Elles impliquent tous les moments de l’architecture, depuis la formation jusqu’à sa promotion, en passant également par un accroissement de sa qualité.

Promotion de l’architecture
Outre une journée nationale de l’architecture, des actions de sensibilisation à la discipline seront désormais organisées dans les écoles et auprès des fonctionnaires. Il est également prévu, par le biais de la loi Création, architecture et patrimoine, d’obliger l’inscription du nom des architectes sur les bâtiments neufs, et de mettre en place un label particulier pour les constructions de moins de 100 ans relevant d’un intérêt particulier. Enfin, le rôle et l’importance des Conseils d’Architecture, d’Urbanisme et de l’Environnement devrait être renforcés à travers le territoire.

Qualité architecturale
La loi Création, architecture et patrimoine avait déjà inscrit l’obligation prochaine de faire intervenir un architecte pour les permis d’aménager les lotissements, d’abaisser le seuil du recours obligatoire à l’architecte à 150 mètres carrés, et de simplifier les démarches d’obtention de permis de construire en dessous des seuils de recours obligatoires. La loi portait également l’idée d’un « permis de faire » : une notion encore assez floue qui pourrait permettre de passer outre certaines normes dans le cadre de certaines constructions.

Formation des architectes
En formation initiale comme en formation continue, les architectes vont désormais être encore plus sensibilisés aux interventions sur le bâti existant (les travaux rappellent notamment que « 80 % de la ville de demain existe déjà »). Un statut d’enseignant-chercheur, jusque là inexistant, devrait permettre de s’adapter à la montée en puissance de la recherche dans les écoles d’architecture, tout comme l’intégration facilitée de doctorants dans les agences. Aussi, sur le modèle sans doute de ce que propose déjà l’association Bellastock, la stratégie nationale insiste sur la mise en place dans les écoles d’architecture de « chantier-démonstrateurs », « fablabs » ou autres espaces de « coworking ».

Evaluation
Pour finir, des d’évaluations devraient être commandées prochainement pour mieux s’adapter aux évolutions du métier d’architecte : l’Habilitation à exercer la maîtrise d’œuvre en nom propre par le biais d’une « évaluation nationale », l’utilisation du BIM (maquette numérique partagée entre les différents protagonistes) à travers des « assises du BIM », et des questions économiques plus larges seront traitées par la mise en place d’une « mission d’étude sur la valeur économique de l’architecture ».

PAR QUI ? POUR QUAND ?

L’architecte Francis Nordmann avait été nommé en début d’année coordinateur des trois groupes de travail, composés chacun de personnalités de l’architecture comme Paul Chemetov ou encore l’association Bellastock. Après avoir procédé à plusieurs dizaines d’auditions, les différents acteurs ont établi une liste de trente avancées concrètes.

Selon qu’elles dépendent du seul ministère de la culture ou non, ces mesures en question pourront être appliquées entre les prochains mois et les prochaines années. Par ailleurs, quelques points concrets avaient déjà été intégrés au projet de loi Création, architecture et patrimoine, appliqué à priori dès la fin de l’année prochaine.

A l’automne 2016, tandis qu’une première Journée nationale de l’architecture va avoir lieu, un premier point d’étape sera établi sur la mise en oeuvre de cette stratégie nationale.

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