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La Cité de l’architecture s’intéresse à Renzo Piano

18 novembre 2015 | Par David Abittan

La “méthode Piano” est exposée à Paris jusqu’au 29 février 2016 à travers 15 projets du Renzo Piano Building Workshop, présentés dans la galerie des expositions temporaires de la Cité de l’architecture. A voir ! Même si…

Quartier et musée Le Albere, vue général, Trente, Italie, 2002-en cours, RPBW - Image : Enrico Cano © RPBW

Quartier et musée Le Albere, vue général, Trente, Italie, 2002-en cours, RPBW – Image : Enrico Cano © RPBW

« Buon compleanno Renzo ! » 50 ans de carrière pour Renzo Piano, c’est l’occasion pour la Cité de l’architecture & du patrimoine de présenter une sélection de projets du Renzo Piano Building Workshop. Dans cette agence d’architecture réputée pour son horizontalité, l’avis de chacun est entendu, c’est la fameuse « méthode Piano » qui donne son titre à l’exposition.

On pourrait parler d’une retrospective si le travail de Renzo Piano se limitait aux 16 bâtiments présentés ici. Mais le prolifique architecte italien est à l’origine avec le RPBW de bien plus de constructions que ça. La sélection opérée par le directeur de l’Institut Français d’Architecture Francis Rambert, commissaire de l’exposition, en explore néanmoins un éventail assez large.

Depuis la « préhistoire », les premiers travaux de Piano sur les structures légères, jusqu’à la brique mise en oeuvre dans un hôpital pédiatrique d’Ouganda, en passant par le Whitney Museum de New York et bien sûr le futur Tribunal de Grande Instance de Paris, ce sont moins les formes architecturales que la manière de concevoir un projet qui est au coeur de exposé.

Pour Francis Rambert, il fallait montrer autre chose que ce à quoi le grand public est habitué, ici en l’occurence « un processus, plutôt que le geste de l’artiste ». Comme d’habitude à la Cité de l’architecture, l’exposition intéressera autant les spécialistes que les non-initiés. Ces derniers découvriront des moments de la conception du projet qui ne sont pas souvent évoqués dans ce type de présentations : les réflexions qui amènent à l’élaboration d’un concept, les choix de matériaux ou encore les essais techniques.

Croquis de Renzo Piano, The Shard, Londres, Royaume-Uni, 2000-2012, RPBW - Image : © RPBW

Croquis de Renzo Piano, The Shard, Londres, Royaume-Uni, 2000-2012, RPBW – Image : © RPBW

A l’entrée de la galerie, deux maquettes du Centre Pompidou sont disposées, dont l’une montre le bâtiment tel qu’il a été présenté lors du concours d’architecture de 1971, très différent de l’état qu’on lui connaît aujourd’hui. Par cette maquette, note Francis Rambert, il s’agit d’évoquer « toutes les étapes qui suivent les délibérations d’un concours, et les évolutions que ça engendre sur le bâtiment ». Là encore, dans un soucis de vulgarisation qui semble décidément particulièrement appuyé dans le cadre de cette exposition.

C’est également dans ce sens qu’a été pensée la scénographie : quinze tables, pour autant de bâtiments, autour desquelles les visiteurs sont invités à s’asseoir pour prendre connaissance des différents documents attachés à chaque projet. De quoi prendre le temps de découvrir ces travaux en profondeur, pour éviter de ne s’arrêter qu’aux belles images.

Hélas, c’est peut-être aussi ce qui justifie une iconographie assez éparse. S’il y a bien face à chaque table une grande photographie relative au projet, celle-ci n’offre pas toujours la vue d’ensemble qui permettrait de mieux assimiler les autres documents présentés. Certains projets même ne peuvent être réellement compris à la vue des seules illustrations utilisées.

Académie des Sciences de Californie, San Francisco, Californie, États-Unis, 2000-2008, RPBW - Image : Tim Griffith © RPBW

Académie des Sciences de Californie, San Francisco, Californie, États-Unis, 2000-2008, RPBW – Image : Tim Griffith © RPBW

Plus largement, le dispositif pêche par la qualité irrégulière des matériaux mis à disposition du public. Outre les textes et images disposés sur les tables, que l’on ne peut étudier depuis les assises offertes aux visiteurs, les documents complémentaires à consulter sur place sont très différents selon les bâtiments : les réalisations qui ont fait l’objet de publications sont largement documentés, tandis que d’autres projets n’ont rien d’autre à proposer que d’illisibles plans d’exécution.

Heureusement, les collaborateurs de Renzo Piano en charge de chacun des projets présentés racontent mieux que n’importe quel autre support l’élaboration de ces bâtiments. Quinze écrans sont accrochés le long d’un des murs de la galerie et diffusent des entretiens de quelques minutes qui participent au succès, malgré tout, de cette exposition.

 

Affiche de l'exposition - Cité de l'architecture & du patrimoine

Affiche de l’exposition

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