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Corbu, Niemeyer, Balladur… et tous ceux qui les habitent

27 octobre 2015 | Par David Abittan

La péniche de l’Armée du Salut aménagée par Le Corbusier abrite jusqu’à samedi une expo photo présentant trois villes notables de l’architecture du XXème siècle, et les gens qui les habitent.

Brasilia - Arch. Oscar Niemeyer - Image : © Stéphane Herbert / Globe Vision

Brasilia – Arch. Oscar Niemeyer – Image : © Stéphane Herbert / Globe Vision

Chandigarh, Brasilia, et… La Grande Motte. Si la filiation ne paraît pas évidente au premier abord, une exposition nous démontre le contraire dans le décor bétonné de la péniche Louise-Catherine. L’ancien dortoir de l’Armée du Salut, amarré au pied de la Gare d’Austerlitz, abrite jusqu’au 31 octobre un accrochage de photographies des trois villes qui leur donne une proximité inédite.

« DIFFERENCE DE STATUT, MAIS LE TRIPTYQUE FAIT SENS »

Des trois cités du XXème siècle, construites chacune autour d’un projet architectural utopique, le grand public a sans doute déjà pu entendre parler des spécificités de Chandigarh et Brasilia. Le parallèle dressé pour l’occasion avec la ville de La Grande Motte, s’il est assez inédit, n’en est pas moins très intelligent. Pour Stéphane Herbert, co-auteur du livre de photos à l’origine de l’exposition : « Il y a évidemment une différence de statut entre ces trois villes mais le triptyque fait sens. »

C’est sans doute lors d’un voyage à Brasilia que l’architecte Jean Balladur a trouvé une partie de son inspiration, pour concevoir le plan directeur et les principaux immeubles de La Grande Motte. Oscar Niemeyer lui-même, a fondé la capitale brésilienne en s’appuyant sur les travaux de Le Corbusier, quelques années d’ailleurs après la conception par ce dernier du plan de Chandigarh.

TROIS VILLES « HABITEES »

Mais les photographies de Stéphane Herbert nous montrent que la filiation des trois villes ne s’arrête pas aux inspirations prétendues des uns et des autres. Ni même au seul usage du béton ou à la souplesse des formes qui lui sont donné. L’utopie qui a prévalu la construction ex-nihilo de chacun des ensembles présentés trouve aussi un écho dans le rapport qu’entretiennent les habitants avec leur environnement. Trois architectures imposantes, omniprésentes, mais trois villes très appropriées par leurs habitants.

D’ailleurs, si le titre de l’exposition met en avant cette caractéristique commune aux trois utopies urbaines, il nous rappelle également la valeur intrinsèque de chacune des photos de Stéphane Herbert. Loin des clichés assez froids qui servent souvent à présenter l’architecture, lui insiste pour nous parler à travers ses images, des habitants autant que des lieux qu’ils habitent.

La Grande Motte - Arch. Jean Balladur - Image : © Stéphane Herbert / Globe Vision

La Grande Motte – Arch. Jean Balladur – Image : © Stéphane Herbert / Globe Vision

LA GRANDE MOTTE DANS L’AIR DU TEMPS

Jusqu’à peu appréciée des seuls initiés, l’architecture de La Grand Motte recommence tout juste à faire parler d’elle cinquante ans après être sortie de terre. De nombreux articles de presse se sont fait l’écho ces dernières années des bâtiments exceptionnels qu’abrite la station balnéaire héraultaise, oeuvrant à la sortir de l’indifférence, voire du mépris qu’elle pouvait susciter auparavant.

L’exposition prolonge donc cette période de grâce, démarrée en 2010 avec l’obtention du label Patrimoine du XXème siècle à l’ensemble de la ville de Jean Balladur. Le béton des pyramides, autrefois tant critiqué, semble d’autant plus léger ici qu’il est présenté dans le décor gris et rugueux de la péniche Louise-Catherine.

Ce monument de béton brut, que l’on sera ravi de retrouver à cette occasion, sera d’ailleurs l’objet de l’une des deux conférences qui se tiendront dans le cadre de l’exposition. L’autre s’intéressera plus particulièrement aux trois lieux présentés ici autour de la question : « Comment les villes du patrimoine moderne se réinventent-elles après le temps des éloges et le feu des critiques ? ».

Urban Utopias - Affiche de l'exposition © Stéphane Herbert / Globe Vision

Urban Utopias – Affiche de l’exposition

URBAN UTOPIAS

Présentation de 30 photographies de Stéphane Herbert, accompagnées de poèmes de Carole Lenfant.
Du 1er au 31 octobre 2015 – Péniche Louise Catherine, 50 quai d’Austerlitz, Paris 13E
Du mercredi au dimanche, de 14h à 20h.
Entrée libre

CONFERENCES

Jeudi 8 octobre, à 19h : « Comment les villes du patrimoine moderne se réinventent-elles après le temps des éloges et le feu des critiques ? »
En présence de Fabienne Chevallier, Gilles Ragot, et Carole Lenfant.

Jeudi 15 octobre, à 19h : « Le Corbusier, génie humaniste ? »
En présence de Gilles Ragot et Michel Cantal-Dupart.

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